 |
Au seuil de cette
nouvelle année, je voudrais livrer mon sentiment sur deux questions
qui concernent de nombreux bailleurs.
Tout d’abord, le nouvel indice des loyers commerciaux (ILC), qui
vient d’entrer en application, à titre facultatif. |
|
Il faut rappeler
que sa variation annuelle (3,85 % pour le deuxième trimestre) est
largement inférieure à celle de l’indice du coût de la construction
(8,85 %).
Certains plaident donc pour la généralisation de l’ILC.
Deux observations sur cette question :
- les commerçants accepteraient-ils en contrepartie un blocage de
leur prix ? En effet, pourquoi, dans un contexte de liberté des
prix, les bailleurs devraient-ils accepter une diminution du prix
des loyers commerciaux, alors que les prix de vente de leurs
locataires commerçants restent libres ?
- Pourquoi les réformes sont-elles toujours faites à sens unique ?
Chacun sait en effet que le statut des baux commerciaux se
caractérise par une grande rigidité (et complexité), notamment pour
la fixation du prix du loyer lors du renouvellement du bail ; il
n’est pas possible aujourd’hui de réévaluer les prix des loyers
commerciaux
au seul motif qu’ils sont sous-évalués (et ils le sont très
souvent). L’indexation par l’indice du coût de la construction
permet de régler en partie le problème (sans avoir à faire la preuve
d’une modification des facteurs locaux de commercialité) ; elle doit
donc être maintenue.
Ma deuxième préoccupation concerne les opérations de « testing » que
le Gouvernement entend relancer, avec l’aide d’associations
spécialisées (et subventionnées par les pouvoirs publics).
L’UNPI a montré sa bonne volonté et son souci de lutter contre la
discrimination en signant une Charte en ce sens avec d’autres
organisations, et le Gouvernement.
Mais nous sommes contre les opérations de « testing » qui consistent
à piéger volontairement les bailleurs ou les agences immobilières.
Ces opérations ont des relents sinistres de délation, et renversent
de façon scandaleuse la charge de la preuve : c’est celui qui est
accusé qui doit se justifier, contrairement à tous les principes de
droit applicables dans les démocraties.
Nous appelons donc le Gouvernement à plus de sang froid : les
difficultés d’accès au logement ne pourront être réglées de cette
manière.
Pourquoi le Gouvernement ne fait-il pas confiance aux forces de
gendarmerie, de police, et aux magistrats ? |